Littéralement, la plaie est une lésion de la peau, une interruption du revêtement cutané.

Les plaies se divisent en 2 grandes typologies : les plaies chroniques et les plaies aigües.
La rapidité et l’efficacité de la guérison d’une plaie dépendent de l’état général du patient ainsi que des conditions de traitement et de l’environnement.

La cicatrisation

On parle de guérison de la plaie lorsque le processus de cicatrisation est en cours ou complet. Ce processus de cicatrisation passe par différentes phases :

 1) Inflammatoire – détersive

L’inflammation de la plaie est un mécanisme de défense naturel de l’organisme, une réaction locale qui permet de neutraliser / combattre / éliminer les agents pathogènes et donc de préparer la réparation des tissus.

 2) Proliférative – angiogénétique

Le réseau capillaire existant entame un processus de néovascularisation qui permet de créer un nouveau réseau vasculaire à l’endroit de la lésion.

 3) Epidermisation

Apparition d’une nouvelle couche de cellules superficielles de la peau, les cellules de l’épiderme par granulation (ou bourgeonnement). Il s’agit de la cicatrisation secondaire (ou cicatrisation de deuxième intention).

 4) RemodelageUne personne victime d'une coupure au bras

Il s’agit de la phase de maturation qui intervient après la fermeture de la peau. Durant cette phase, la matrice est réorganisée. La phase de remodelage est signalée par le fait que la croûte disparaît et la peau se régénère progressivement. Le nouvel épiderme se reconstitue de la périphérie de la plaie vers le centre. Le caillot sanguin initialement formé pour stopper l’hémorragie disparait alors sous l’effet de la fibrine, laissant l’épiderme sain à l’air libre.

Le Traitement :

Dans les soins de santé, le traitement des plaies vise à favoriser et contrôler le processus de cicatrisation en apportant une attention particulière à la préservation de la couche cornée de l’épiderme au voisinage de la plaie, prévenir l’infection, soulager et prévenir la douleur occasionnée par le pansement ou la plaie elle-même.

Le pansement a pour objectif de maintenir un milieu humide favorable à la cicatrisation sans provoquer une macération. Il est recommandé de limiter l’usage d’antiseptiques, notamment en ce qui concerne les plaies chroniques dont le potentiel de cicatrisation est faible. Il faut également limiter au maximum les frottements et les appuis sur la plaie en cours de cicatrisation. Enfin, l’alimentation du patient est très importante pour favoriser le processus de cicatrisation : le patient doit bénéficier d’une hydratation et un apport protéino-calorique satisfaisants.

En fonction de la plaie, la HAS (Haute Autorité de Santé) recommande l’utilisation de pansements primaires (également appelés pansements avancés) et/ou de pansements secondaires.

Préventions pour réduire les risques dans le traitement de la plaie :

1- Préserver la couche cornée de l’épiderme en périphérie de la plaie qui ne doit pas subir de lésions supplémentaires et douloureuses lors de la réfection des pansements. Les micro-fissures péri-lésionnelles peuvent être à l’origine d’une infection locale ou d’une inflammation délétère pour la cicatrisation de la plaie.

2- Prévenir l’infection ou la colonisation critique de la plaie en éliminant les débris cellulaires et en diminuant le contingent bactérien en rinçant/douchant abondamment la plaie avant la réfection du pansement.

3- Prévenir la douleur induite occasionnée par la plaie et les soins soit par voie générale soit par anesthésie locale (gels). Proposer un soin sous MEOPA ou une anesthésie générale lorsque les lésions sont très importantes ou situées en des zones très sensibles.

4- Limiter l’antisepsie de la plaie chronique –L’utilisation d’antiseptique sur la plaie chronique doit se limiter. La gamme de produits actifs sur la plaie doit rester constante. Ainsi, à réaliser seulement lorsqu’il y a des signes de colonisation critique ou d’infection locale. L’antiseptique choisi doit rester dans la même gamme de produit actif que le pansement (ex : ne pas utiliser comme antiseptique un produit iodé ou de la Chlorhexidine si le pansement est à base d’ions argents).

5- Bien nourrir et hydrater le patient : un apport protéino-calorique suffisant est nécessaire pour favoriser la croissance cellulaire et donc accélérer le processus de cicatrisation. Il faut également assurer une bonne hydratation au patient. Le suivi de l’albumine et pré-albumine au cours de la cicatrisation permet de contrôler le statut nutritionnel.

6- Eviter les frottements et les appuis tout au long de la cicatrisation. Tous les contacts qui peuvent être traumatiques pour la plaie en cours de cicatrisation va bien évidement gêner la cicatrisation, voire même rouvrir la plaie.

7-Favoriser la mobilité du patient : c’est le meilleur moyen de lui permettre de garder son autonomie, d’éviter les escarres et d’aérer les plaies.

Voir également :

Pansements Primaires (Pansements avancés)
Plaies Chroniques
Plaies Aigues
Utilisation des pansements primaires et secondaires
Le Processus de cicatrisation

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