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La Protection Civile, quand des bénévoles sauvent des vies

Benevoles premiers secours

Responsable territorial de la Protection Civile de Garches – Ville d’Avray, Romain Blondet nous parle, avec le coeur, de cette association regroupant des secouristes bénévoles français. De leur mission de formation aux gestes de premiers secours, en passant par leurs missions préventives et opérationnelles, la Protection Civile participe au réseau de secours public. Reconnue d’utilité publique en 1969, la Fédération nationale de protection civile est, au même titre que les pompiers, essentielle à la vie quotidienne des Français. Retour sur une association qui, travaille souvent dans l’ombre, et mérite, sans le moindre doute, un coup de projecteur.

Romain, quel a été ton parcours avant d’arriver à la Protection Civile ?
L’aventure a commencé au Lycée. Il proposait aux étudiants de former aux gestes de premiers secours. Il y avait une cession de formation à l’AFPS (Attestation de Formation aux Premiers Secours), qui était en l’occurrence délivrée par une personne de la Protection Civile de Garches. J’ai suivi cette formation, que j’ai trouvé intéressante, avec une monitrice très dynamique, et j’en suis venu à lui poser des questions sur la Protection Civile. Elle m’a donc expliqué que la Protection Civile était une association, qu’on pouvait effectuer du poste de secours et passer des formations complémentaires par la suite. J’ai assisté à des réunions de la Protection Civile de Garches et, de fil en aiguille, j’ai adhéré à l’association, passé les formations complémentaires (Premiers Secours en Equipe, des diplômes de secours socio-psychologiques, de chef d’équipe et enfin, de chauffeurs). Je suis entré à l’association le 14 mai 2001.

Tout le monde peut devenir secouriste

Tu suis actuellement des études de médecine en parallèle, est-ce que cette formation a joué sur la suite de ton parcours universitaire ?
Probablement. J’avais envie de faire médecine mais ce n’était encore qu’une envie de lycéen. Ce n’était pas très précis, et cette activité-là, m’a clairement poussé et encouragé, au jour le jour, à poursuivre dans cette voie. Je voyais des choses qui m’intéressaient et c’est aussi ce qui m’a motivé à continuer.

Tout le monde peut-il devenir secouriste pour la Protection Civile ? Comment y arrive-t-on ?
Absolument, tout le monde peut devenir secouriste pour la Protection Civile. C’est vrai que notre communication n’est pas très bonne puisqu’on n’est peu présent sur le plan médiatique, en tout cas, au niveau télévisuel. Notre présence médiatique se justifie surtout en local par les associations avec les collèges et les lycées pour former les jeunes. Notre démarche n’est pratiquement basée que là-dessus. On est là d’abord pour former. C’est le premier but de l’association, former aux gestes de premiers secours, voire même former le tout public aux gestes de premiers secours. C’est une activité très développée, surtout diffusée par les mairies, les écoles ou les collèges. L’objectif est alors de trouver des personnes, formés aux gestes de premier secours, et dont on sent qu’ils ont un intérêt un peu supérieur pour cette activité. Le but est alors de les interpeller en leur indiquant qu’il y a d’autres formations possibles ensuite. Leur dire également qu’il y a une activité régulière de secours à personne, de secours humanitaire et parfois, de formation, même si les jeunes, qui passent cette formation, n’ont pas encore l’idée en tête d’être formateur. Tout le monde a accès à la Protection Civile même si, médiatiquement, les gens n’ont pas forcément l’information.

Une communication qui se développe

Au niveau de la communication, vous fonctionnez donc surtout par le bouche à oreille ?
On fonctionne beaucoup par le bouche à oreille mais depuis un ou deux ans, on essaie également de mettre en place, au niveau départemental, comme au niveau national, des appuis médiatiques importants avec notamment, des reportages en presse écrite et dans des journaux nationaux. On dispose également d’une très grosse couverture Internet avec des sites, de plus en plus structurés, et qui s’appuient sur une charte graphique commune. On essaie surtout désormais de travailler là-dessus.

Le diplôme de premiers secours est-il obligatoire pour intégrer la Protection Civile ?
Le premier diplôme, l’AFPS, qui est donc devenu, depuis août dernier, le PSC1 (Prévention de Secours Civique de niveau 1), n’est pas indispensable pour rentrer dans la Protection Civile. Néanmoins, parce qu’ils ont souvent connu notre activité par ce biais-là, les personnes intéressées l’ont déjà. Avec ce diplôme-là, ils ont une activité de stagiaire. Ils sont présents sur les postes de secours, sur les organisations de manifestations, mais restent uniquement en observation. Ils n’ont pas d’action. Quand ils sont prêts, ou quand ils sentent que c’est bien ce qu’ils veulent faire, on les invite à passer la deuxième partie de la formation qui est le PSE1 et le PSE2 (Premiers Secours en Equipe de niveau 1 et de niveau 2). Ce sont exactement les mêmes formations au niveau secouriste que les pompiers. C’est une formation qui dure deux fois 35 heures, et qui peut se passer sur une semaine complète ou en soirée. Trois mois après leur entrée dans l’association, ils ont accès à cette formation. Une fois obtenue, ils deviennent équipiers secouristes et acteurs à part entière, dans une équipe organisée avec un chef d’équipe, qui a encore une formation supérieure, et un chauffeur. Les stagiaires ont également la possibilité de suivre une formation continue pendant les postes de secours par exemple. Il n’y a pas que la formation théorique ou initiale.

Former, première mission de la Protection Civile

Ces diplômes suffisent-ils pour devenir formateur ?
Pour devenir moniteur, il faut passer, dans ce que l’on appelle, le langage courant, le monitorat. Ce n’est pas l’intitulé exact (ndr: PAE, Pédagogie Appliquée aux Emplois), mais le monitorat permet d’enseigner, ce sur quoi tu as été formé. Le moniteur, titulaire du PSC1 et du PAE3 (Pédagogie Appliquée aux Emplois de niveau 3), pourra former les personnes uniquement sur le PSC1 alors qu’un moniteur, titulaire du PSE1, du PSE2 et du PAE1 (Pédagogie Appliquée aux Emplois de niveau 1), pourra former aux trois diplômes.

Lire : la deuxième partie de l’interview sur la mission de formation aux gestes de premiers secours.

Lire la troisième et dernière partie de l’interview sur les missions opérationnelles de la Protection Civile.

Le saviez-vous ?

Si vous ne disposez pas du PSC1 (Prévention Premier Secours de niveau 1) et que vous vous retrouvez dans une situation où une personne est victime d’un malaise, vous êtes sous le coup de la loi si vous n’intervenez pas (non assistance à personne en danger). Si la loi ne précise pas le degré de l’intervention, vous devez au moins alerter les secours ou appeler le Samu pour, évidemment, aider la personne, dans un premier temps, et vous décharger aux yeux de la loi, dans un second temps.

Site à consulter : https://www.protection-civile.org/

Merci beaucoup à Romain pour m’avoir consacré du temps afin de réaliser cette interview passionnante. En espérant qu’elle vous aura été également agréable à lire et qu’elle vous donne, pourquoi pas, l’envie d’être formée…



1 comment

  • Juste pour vous dire que j’ai trouvé cet article intéressant

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